Voyage en Equateur (partie 2)

Alors ai-je trouvé de l’alpaga local en Equateur? Oui, oui, et mieux que ça! Près de Rio Bamaba (non loin du village de Calpi), dans le village indigène de Palacio Real, j’ai trouvé une communauté de 40 femmes, toutes fileuses et tricoteuses, qui travaillent ensemble et ont ouvert une belle boutique où elles vendent leurs produits en laine, tricotés, crochetés et tissés à partir principalement de laine de lama mais aussi d’un peu de laine d’agneau du mouton.

La communauté a également ouvert un petit musée sur les llamas où il est possible d’en apprendre davantage sur la place spéciale que cet animal occupe dans la culture équatorienne et andine.

J’ai eu la chance d’être hébergée chez la charmante Rosario, elle-même fileuse et tricoteuse.

Les femmes de la communauté travaillent à domicile, utilisant la laine de leurs propres lamas et moutons. Elles font tout, de l’animal au produit , en commençant par les animaux!

Voici une petite vidéo d’une sœur de Rosario (elle en a trois, toutes tricoteuses, et sa maman aussi!) qui ramène ses animaux des champs pour la nuit.

Les moutons de Rosario savent prendre la pose!

La laine des llamas se décline en de nombreuses couleurs et textures naturelles aussi belles que les animaux: le lama, l’alpaga, le guanaco et la vigogne, et leurs mélanges, comme le mitzi (d’une femelle de lama et d’un mâle d’alpaga), le huorizo (d’un mâle lama et d’une femelle alpaga) ou le pacovicuna (d’une femelle alpaga et d’un mâle vigogne).

Vigogne sauvage au pied du Chimboranzo

Les femmes filent la laine en fils relativement moyens (Aran et sport sont les plus courants), en utilisant la méthode traditionnelle: le « zigzi » (nom latin: Cortadelia rudiuscula) sert de fuseau pour filer la laine d’agneau et fabriquer toutes sortes d’articles de vêtements traditionnels tels que anacos (jupes), baize et ponchos.

L’autre sœur de Rosario a gentiment fait une démonstration pour moi.

Voici une petite vidéo:

Le fil est ensuite travaillé pour la boutique en beaux articles à l’esthétique moderne, de nombreux ponchos, écharpes, cols et bonnets.

Les femmes cherchent souvent l’inspiration pour des motifs dans des plantes locales avec beaucoup de torsades complexes et des motifs de dentelle: bien sûr, comme souvent avec le tricot, vous trouverez ces motifs dans d’autres pays et traditions sous des noms différents et utilisés éventuellement dans différents contextes.

Le jacquard est apparemment tricoté en attrapant les fils flottants à l’arrière du travail.

Elles tricotent comme en Islande avec le fil sur la main gauge et utilisent aujourd’hui essentiellement des aiguilles circulaires.

On échange et on essaie Love Story!

Avec des aiguilles circulaires mais pas forcément en rond, comme ce simple bonnet  tricoté par Rosario pour son mari, en allers et retours et cousu.

Mais regardez ce beau dégradé naturel!

Toutes les couleurs n’étaient pas les couleurs naturelles des llamas, et j’ai été très impressionnée par l’intensité des teintures végétales. Pour en savoir plus sur mes découvertes, voyez la partie 3 de mon voyage en Equateur lundi prochain!

Quand au nom du village, Palacio Real, en quechoua Sumak Kawsay, il vient du fait qu’après avoir passé une nuit dans la maison de maître du village (aujourd’hui fermée au public), le fameux libérateur Simon Bolivar, a déclaré qu’il y avait dormi comme dans son palace!

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