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“Ce sont les « Moufles feuilles », typiques des fjords de l’Ouest de l’Islande qui m’ont inspiré ce haut. Et pour être plus exacte, les moufles tricotées par Matthildur Guðmundsdóttir, inspirées par celles appartenant à sa mère, Sigríður Jakobsdottir. Sigríður avait elle-même appris de sa grand-mère, Ketilríður Jóhannesdóttir (1868-1958) à tricoter ce genre de moufles.
les Moufles feuilles », typiques des fjords de l’Ouest
Dans un article publié dans le magazine islandais « Hugur og Hönd » en 2001 (p. 25), Sigrún Guðmundsdóttir, la sœur de Matthildur, raconte comment son arrière grand-mère ne tricotait ce type de moufles que les dimanches après-midi. Elle utilisait toujours des couleurs chatoyantes, certaines qu’elle avait teintes elle-même, et c’était l’occasion d’utiliser tous les plus courts fils de laine.
elle ne tricotait ces moufles que les dimanches après-midi
Elle ne tricotait le motif de rose sur le dos de la main que pour les moufles de femmes. La rose était travaillée en jacquard intarsia, à fils croisés, en faisant suivre la couleur principale tout du long et en l’attrapant dans le tricot toutes les mailles. Dans les fjords de l’Ouest, on ne retrouve ce type de motif que dans le village de Hornströnd.
Lorsque j’ai dessiné le haut, je suis d’abord restée assez fidèle aux motifs et combinaisons de couleurs des moufles de Matthildur. Plus tard, j’ai tricoté une seconde version, aux couleurs plus douces, en utilisant les nouveaux coloris de Ístex et qui rappellent les tons obtenus en teignant la laine avec des plantes islandaises. J’ai dû modifier le motif de feuille : c’était une répétition de 44 mailles, ce qui rendait la mise en tailles impossible sous peine de devoir couper le motif. Les épaules sont modelées élégamment avec des rangs raccourcis créant ainsi une encolure naturelle très seyante.”
La tradition des « Moufles feuilles »:
Il y a de nombreuses sortes de moufles et gants en Islande, certaines typiques de certaines régions ou même de familles. Les plus vieilles « Moufles feuilles » que l’on trouve dans les Musées en Islande datent du milieu du 19ème siècle mais la tradition est bien plus ancienne. Le tricot est arrivé en Islande au 16ème siècle et déjà au 17ème siècle on trouve des motifs de feuilles dans les vieux « Sjónabók » (anciens recueils de motifs).
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Pourquoi et comment ces motifs sont devenus populaires en Islande, nul ne le sait vraiment. Les moufles comme presque tous les tricots en Islande, étaient tricotées en rond sur quatre aiguilles et étaient, comme leur nom le suggère, décorées de motifs stylisés de feuilles. Il y avait différents types de feuilles qui portaient les noms fimmtekin (cinquième), sextekinn (sixième), sjötekinn (septième) suivant le nombre de rangs nécessaire pour chaque motif.
différents types de feuilles qui portaient des noms particuliers suivant le nombre de rangs
Les motifs étaient répétés deux fois et les moufles d’hommes avaient donc souvent des motifs de 12 ou 14 rangs, tandis que les moufles de femmes de seulement 10 ou 12 rangs. La couleur dominante était généralement dans les couleurs naturelles des moutons, tandis que le motif de feuille était souvent brun ou jaune sur un fond noir. Il existait des motifs plus petits, appelés « carreau », « petite feuille », « langue », « torse » qui étaient positionnés de chaque côté du motif de feuille pour obtenir la bonne longueur de moufle. C’était aussi une bonne façon d’utiliser tous les bouts de laine qui traînaient à une époque où rien n’était jamais jeté. Les moufles étaient tricotées avec une laine très fine sur des aiguilles de 1,5 mm et elles faisaient partie des habits du dimanche.
La créatrice
Hélène Magnússon aime insuffler une nouvelle vie aux vieilles traditions islandaises de tricot. Elle est surtout connue pour ses recherches autour du Jacquard traditionnel islandais et des semelles tricotées portées en Islande aux siècles passés. Son livre, Le tricot jacquard islandais ou le renouveau de la semelle tricotée islandaise a été traduit en trois langues. Une Française d´origine, mais une vraie tricoteuse d´Islande, Hélène a abandonné une carrière d´avocat à Paris pour la nature islandaise et fondé une famille en Islande. Elle y a travaillé comme guide de montagne pendant de nombreuses années et y a étudié le design textile et le stylisme à l´Académie des Arts d´Islande. Hélène travaille désormais comme créatrice indépendante et auteur. Son travail a été exposé dans de nombreux pays et ses modèles publiés dans plusieurs magasines et livres de tricot.
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