Gilitrutt, un conte islandais

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Noël pour moi évoque avant tout la neige et les contes. Voici donc en ce jour de noël un conte islandais: celui de la trollesse* Gilitrutt, d’après laquelle j’ai nommé ma laine.  Et des photos de Reykjavík sous la neige il y a quelques deux semaines avec des bonnets Mosi, tricotés bien sûr avec Gilitrutt Tvíband

*troll en islandais signifie géant

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“Il était une fois un jeune fermier qui habitait sous les montagnes d’Eyjafjol. C’était un homme vaillant, avec un grand troupeau de moutons. Il venait de se marier quand il lui arriva cette histoire: sa femme était jeune et jolie mais paresseuse. Elle ne faisait rien et ne participait pas au travail de la ferme. Cela ne plaisait pas à son mari, mais il ne pouvait pas y faire grand-chose. Un automne, il lui donna un grand sac rempli de toisons de mouton et lui demanda de les filer pendant l’hiver. L’hiver s’installa mais la jeune fermière ne touchait pas à la laine malgré l’insistance de son mari.

Un jour, elle croisa une grande femme, plutôt rustre, qui lui proposa de filer sa laine en échange de quoi elle devrait deviner son nom. Pour cela elle lui laisserait trois chances. la femme accepta et lui donna le sac de laine. La grande femme prit le sac, le mit sur son dos et dit: “Je reviendrai avec la laine filée le premier jour de l’été.”

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L’hiver passa et le mari demandait souvent à sa femme où elle en était avec la laine. Elle lui dit de ne pas s’inquiéter et qu’elle serait prête au premier jour de l’été. Alors il n’y pensa plus. Le dernier mois de l’hiver arrivant, la fermière commença à penser au nom de la rustre inconnue et se demanda comment elle allait le deviner. Elle devint très inquiète et ne pensait plus qu’à cela. Le mari remarqua que quelque chose n’allait pas et lui demanda ce qu’il se passait. Elle lui raconta alors toute l’histoire. Le mari en fut tout effrayé et lui dit qu’elle avait fait une mauvaise chose car la femme en question était en fait une trollesse qui voulait l’enlever.

Plus tard, préoccupé par cette histoire et alors qu’il s’en allait marchant au pied d’une montagne, il vit un gros rocher et entendit soudain un bruit vers lequel il se dirigea. Par une faille étroite, il aperçut une trollesse, assise en train de filer un grand sac de laine. Le rouet entre les jambes, elle filait avec une grande dextérité en chantonnant: “Eh oh eh oh, la fermière ne sait pas quel est mon nom, eh oh eh oh, Gilitrutt est mon nom, eh oh eh oh.”

Le fermier, certain qu’il s’agissait là bien du nom de la trollesse qui avait rendu visite à sa femme, rentra chez lui. Il nota le nom de Gilitrutt sur un bout de papier mais n’en souffla mot à sa femme.

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Quand arriva le dernier jour de l’hiver, la fermière était si inquiète qu’elle ne s’habilla même pas et resta au lit. Son mari vint vers elle et lui demanda:

“Connais-tu le nom de la trollessse qui t’a rendu visite?”

“Non!” se lamenta-t-elle, “Je vais donc mourir…”

“Cela n’arrivera pas car je connais son nom.” répondit le fermier. Et il se mit à lui dire tout l’histoire. Sa femme, qui tremblait de peur et craignait que ce nom ne soit pas le bon, supplia son mari de rester à ses côtés quand la trollesse viendrait. Il refusa, car elle s’était mise dans cette situation toute seule, et que c’était donc à elle seule de s’en sortir. Puis il s’en alla.

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Le lendemain, lorsqu’arriva le premier jour de l’été, la jeune femme était couchée dans son lit, seule à la ferme. Elle entendit un grand bruit quand arriva la trollesse, bien plus vilaine en apparence que la première fois. Elle avait avec elle la laine qu’elle avait filée, la jeta violemment sur le sol et demanda à la fermière de lui dire son nom. Terrorisée, celle-ci répondit:

“Signy?”

“Ce n’est pas mon nom, ce n’est pas mon nom, devinez de nouveau!” jubila la trollesse.

“Ása?” demanda la fermière.

“Ce n’est pas mon nom, ce n’est pas mon nom, devinez de nouveau!” ricana la trollesse.

“Votre nom est Gilitrutt?” demanda alors la fermière à la troisième chance.

La trollesse fut si surprise qu’elle en tomba à la renverse sur le sol dans un énorme fracas. Puis elle se releva, partit en courant et ne fut plus jamais revue dans la région.

La jeune femme était en revanche très heureuse d’avoir échappé à la trollesse. Depuis ce jour-là, son caractère changea du tout au tout. Elle devint vaillante et assidue à la tâche et fila désormais sa laine elle-même.”

Il m’aura fallu 4 ans pour développer Gilitrutt TvÍband. A un moment, je voulais juste abandonner. Je suis vraiment contente d’avoir persévéré car je la trouve vraiment belle et si douce! Et je vais désormais pouvoir enfin finir le livre sur les robes en dentelle islandaises. D’ici là, si vous voulez l’essayer, jetez un oeil à la Collection Gilitrutt. Joyeux Noël à vous tou(te)s!


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Commentaires

  1. Vraiment tout est joli Hélène, le conte de gilitrutt, le bonnet, Rikkjavik sous la neige, et bous avec le bonnet !

  2. Un bien joli conte. Bravo pour cette belle persévérance Hélène. Vivement le livre sur les robes en dentelles islandaises !

  3. Merci pour ce joli conte, et bravo pour ces photos superbes d’un Noël sous la neige ! à bientôt le plaisir de lire le livre des robes.

  4. Un superbe conte de Noël qui se termine bien, des photos splendides de paysages enneigés, et l’espoir de voir enfin finalisé le livre sur les robes islandaises que nous attendons avec impatience ! Merci Hélène et bon Noël

  5. Merci pour ce joli conte et à bientôt dans le livre des robes en dentelle bonne année

  6. C’est merveilleux, le marketing poétique a beaucoup d’avenir et la laine aussi.
    Merci pour ce conte et ces superbes projet, bon courage n’abandonner jamais…
    Philippe

  7. Bonjour,
    merci pour ce joli conte. J’ai eu le plaisir de découvrir votre livre Tricots islandais sous le sapin de Noël… Un vrai bonheur…
    Bien à vous,
    Evelyne

  8. merci pour ce joli conte et ces photos magnifiques qui me font tellement rêver !
    il y a juste un an j’ai passé dix jours en Islande et les images sont encore inscrites dans ma mémoire de façon très forte. Je rêve d’y retourner !
    bravo pour vos modèles et les couleurs de vos laines. Je finirai par reprendre le tricot !!
    amitiés

  9. Merci beaucoup hélène pour cette jolie histoire ! J’ai tricoté le manteau pour ma fille Jade qui est très heureuse et fière de le porter. Il était important de le tricoter car c’est une dame qui avait acheté la laine mais qui n’a malheureusement pas eu le temps de le faire car elle est décédée.A quand ta venue en France ? Seras-tu présente à l’aiguille en fête? A bientôt.

  10. Merci pour ce joli conte et les belles photos.Je suis allée à Reykjavík il y a maintenant 13 ans. En été.

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